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Le jour où la Sage Bambino a débarqué dans ma vie...

• 8 min de lecture

On boit du café pendant des années, sans se rendre compte qu'on est en train de négliger le meilleur... Le café n'est pas juste le petit noir, robusta, dans la tasse marron d'un bistrot au sol jonché de mégots où l'odeur du vin blanc se mêle à celle du pastaga. Le café est un mystère, une mine de saveurs, d'arômes, qu'il est extrêmement difficile d'apprivoiser. Le café a un caractère entier, il ne se livre pas, il faut aller le chercher, avec patience, passionnément.

J'ai pendant longtemps utilisé une machine à café De Longhi, EC-152.CD. A l'époque, les machines n'étaient pas encore affublées de jolis noms poétiques. Il s'agissait d'un modèle tout ce qu'il y a de plus simple et de plus efficace. Impossible de rater un... espresso. On me la vendait pour une machine exceptionnelle grâce à ses 15 bars de puissance... Ah mais je ne savais pas que 15 bars allaient détruire le café ! C'était un argument commercial.

Je ne savais pas non plus ce qu'était un filtre pressurisé, utilisé par ces machines pour donner l'illusion d'une créma et d'un vrai espresso. Je voulais alors que mon café soit très chaud et ma tasse pleine, avec la mousse dorée, et hop, roulez jeunesse. En quelques secondes, te voilà servi !

En réalité, je n'avais aucune idée de ce qu'était un espresso... Il y a longtemps, j'étais pourtant allée en Italie, et j'avais pu me rendre compte que ce que nous appelons espresso est un café français qui a peu de rapport avec le café italien du même nom. On m'a servi un fond de toute petite tasse haute et étroite. Le café était à peine chaud, huileux, ni amer ni acide, mais très fruité. J'ai cru que je me faisais arnaquer, vu qu'on était en Italie !!! Et pourtant, j'ai vraiment apprécié... et puis hop ! Oublié.

Nous avions également craqué, pour la petite Bialetti Tazzissima CF37 ! Son design original en forme de tasse géante cachait un drame économique et gustatif. Bialetti, la marque italienne mythique, tentait de survivre au tsunami des capsules en proposant une machine hybride. Mais la réalité était là : à vouloir tout faire (moulu, dosettes, capsules), elle faisait tout moyennement, préparant le terrain pour l'abandon total du café en grain par le grand public au profit de capsules captives et polluantes.

C'est vrai qu'elle était mignonne avec sa forme de tasse géante. Rouge en plus.

Depuis Bialetti ne fait plus que des machines à dosettes...

Et donc je changeais souvent de café... moulu. Pour avoir du gout, certes, mais aussi un peu moins la tête à l'envers après avoir bu mon café

J'ai mis beaucoup de temps à me décider à changer de machine, parce que je me croyais intolérante au café ! J'en buvais quand même, mais je faisais régulièrement des pauses. Et je revenais au café, parce que j'aime le café. Et évidemment, je prenais des cafés dans les commerces; Même bio, ils n'ont pas la saveur des cafés de spécialité. Mais tout ça, je l'ai appris récemment.

A l'époque, De Longhi était encore un fleuron du savoir faire italien. On s'est donc fiés à sa notoriété. Elle a vaillamment tourné pendant plus de 10 ans. Je n'étais pas hyper exigeante, je pensais alors que ce que je buvais, c'était le standard du café. Un peu plus élaboré que le café filtre, moins caféiné aussi, et moins irrévérencieux vis-à-vis de l'estomac. Quoi que...

Mais au fond de moi, il y avait toujours cette envie de déguster un vrai espresso...

Déjà en Décembre 2025; j'ai commandé une machine sur Amazon, parce qu'elle était indiquée fabriquée en France. Je ne vais même pas donner la marque, pour ne pas leur faire de la publicité. J'ai reçu une machine en plastique qu'on aurait dit sortie d'une panoplie de dinette pour enfant. Je ne l'ai même pas essayée, et en découvrant sur le carton qu'elle était en réalité fabriquée en Chine, je l'ai retournée illico. Heureusement car en plus cette machine affichait 20 bars, de quoi vous transformer une mouture de café en poussière d'étoiles.

Non, le nombre de bars que délivre une machine n'est pas un critère commercial valable.

Et puis, et puis... il y a eu la fête des mères en 2026, et mon fils m'a offert une De longhi Dedica... pour moins de 200 euros, une promotion fête des mères, paraissait-il, bon...

En ouvrant la boite, une affreuse odeur de produit chimique m'a prise à la gorge. Oui, De Longhi est fabriqué en Chine, mais ma vieille machine était aussi fabriquée en Chine et elle n'a jamais pué ainsi. J'ai appris par la suite que la faute ne revient pas aux chinois qui ne fabriquent pas des produits de puent juste pour le plaisir, mais aux fabricants français ou autre, qui s'adressent à des usines qui fabriquent à bas cout. La Chine fabrique aussi les produits hauts de gamme de ces mêmes fabricants français, et ils ne puent pas. Mais nous en reparlerons plus tard.

Bon, je me dis que la machine va s'aérer et que cette horrible odeur chimique va bientôt disparaitre. D'ailleurs, sur les forums, on conseille de laisser aérer les produits qui sentent le chimique. Il reste de l'espoir. Même si la machine est visiblement bas de gamme, elle est plutôt jolie, mais on voyait bien qu'il s'agissait d'une entrée de gamme. 180 euros, quand même, bon.

Je suis scrupuleusement le mode d'emploi, plusieurs coulages à vide pour nettoyer les résidus de fabrication. Je nettoie aussi l'extérieur, plusieurs fois, avec du savon, des produits doux, naturels. Et je fais prendre l'air à la machine. Aucun résultat. Même le réservoir à eau pue horriblement.

Je ne me décourage pas encore. Il était temps de tester l'espresso. Rien de compliqué, cette machine fonctionne comme la précédente, avec des filtres pressurisés. Aucun réglage, tout est automatique, réglé en usine. Le procédé filtre pressurisé accepte n'importe quel café moulu, peu importe la date de torrefaction. J'avais du café bio moulu, Dagobert, en cous.

En voiture, Simone.

Ce premier tir m'a donné envie de vomir. Le café avait le gout du produit chimique. Oh il avait belle allure. J'en ai fait couler un, deux, trois, quatre. J'ai persévéré, quitte à vider mon paquet de café. J'ai utilisé d'autres moutures. Ça tombait bien, j'avais un certain nombre de paquets entamés. Bah oui... ma quête du bon café, sans rien y connaitre...

Rien à faire. Le jus que me sortait la machine était du jus de produit chimique. Je suis d'ailleurs étonnée que personne n'en parle dans les articles, tests, comparatifs, et autres. Je pense que pour apprécier le café, il est préférable d'avoir un nez subtil, non ?

Déçue, et dépitée, j'ai donc remballé la machine et nous l'avons rapportée à Conforama, où mon fils l'avait achetée. Nous voulions en effet faire travailer des magasins en local plutôt que commander sur Internet, mais là aussi, il faut faire preuve d'une bonne dose de patience et de calme, et surtout disposer de beaucoup de temps. Les magasins n'ont carrément plus rien dans leurs rayons... Leur stock annoncé sur Internet ne correspond pas avec la réalité du magasin, bref... La personne qui nous a réceptionnés était outrée par la raison qui nous poussait à rendre la machine : l'horrible odeur de produit chimique... Elle nous a dit qu'elle n'avait jamais eu une telle raison. Alors, les gens, vous n'avez plus d'odorat ?

Sans vouloir faire du tort à De longhi, je trouve quand même qu'entre ma vielle EC-152-CD des années 2010, et sa descendante directe, il y a une sacrée différence de qualité, alors que la seconde coute deux fois plus cher. Mais bon, on va dire que les temps sont durs, et la concurrence acharnée. Consumérisme oblige, la seconde ne durera sans doute pas 15 ans... Car ma vieille De Longhi fonctionne toujours, comme à son premier jour. C'est moi qui ne fonctionne plus de la même manière...

Je veux boire du café, du vrai...

Avant d'acheter une autre machine, nous avons fait le tour des magasins, type Boulanger, etc... Et.... pfiou... le niveau de qualité est vraiment minable, même pour des machines à 1000 euros... Je sais que ce n'est pas un gros budget pour une bonne machine à espresso, mais quand même... D'ailleurs, même si on monte en gamme, et même les machines Jura dont on fait tant de compliments, on ne trouve pas un rapport qualité / prix correct. La machine Jura exposée était un rectangle de plastique mal assemblé.

Une seule petite machine avait attiré mon attention car elle sortait vraiment du lot, pour un prix égal : la Bambino classic Sage

Sage, elle l'était, dans son petit coin, pas très en vue, et pas une grande panoplie de modèles, mais justement, c'est sa discrétion qui m'a tout d'abord séduite. Et l'élégance de sa robe. Je pensais que nous étions faites pour nous entendre. D'ailleurs je lui trouve un petit air raffiné assez féminin.

En rentrant chez moi, j'ai donc parcouru le net, à la recherche d'informations sur cette petite machine... Cela m'a pris du temps, beaucoup de temps, mais je ne le regrette pas.

Après quelques jours de réflexions, j'ai fait le choix d'acheter la petite machine jolie chez Maxi coffee, la version inox. Je connaissais déjà Maxicoffee, pour y avoir commandé mes autres machines. Une bonne adresse. Cerise sur le gâteau, Maxicoffee offrait une bonne réduction à l'occasion de... la fête des pères !? Parce que seuls les hommes seraient des artistes du café ???? Oh, on va y remédier de suite !

Il ne me restait plus qu'à attendre la livraison. Ma vieille De Longhi avait repris sa place sur le plan de travail et chaque matin, j'espérais un miracle... chaque jour, je me disais que le café ne me ferait pas trembler les mains...

Mais ça, c'est une autre histoire....

A la prochaine !

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