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Premiers pas dans le monde de l'espresso

• 7 min de lecture

10 JUIN 2026 : La Sage Bambino arrive à la maison.

Premier constat : le carton d'emballage est solide, de bonne qualité. Bon point pou Maxicoffee, mais également pour la maison Breville. Premier visuel rassurant, donc.

J’appréhende de l’ouvrir. Elle aussi vient de Chine. En matériel grand public, il n'y a pratiquement plus une seule fabrication française ou européenne. Les fabricants historiques français se sont quasiment tous orientés vers le matériel pro. Tout le reste vient des usines chinoises.

En Décembre 2025, j'ai commandé une machine à espresso sur Amazon, garantie fabriquée en France ! A un prix tout à fait raisonnable. Bref. Dès la réception du colis, j'ai compris que je m'étais fait avoir. Il est écrit en toutes lettres sur le carton : Made in China. Ma petite enquête m’a permise de constater que la société vendeuse est en réalité une adresse postale située dans le nord-est de la France. Aucune usine, même pas de bureau. Attention, c’est courant !

Cette Sage est donc mon troisième achat en six mois. Cette fois, j’ai pris un modèle plus cher, qui crève un peu mon budget, mais j'ai vraiment, vraiment, envie d'explorer le mone de l'espresso, le vrai.

A l'ouverture du paquet, miracle ! Une bonne odeur de neuf me donne enfin le sourire. De plus, la machine est emballée avec soin. Le carton de la Delonghi était lâche et vraiment bas de gamme, et à l'intérieur, c'était le bazar. Vraiment cette machine et la marque historique m'ont terriblement déçue. En arriver à vendre une telle camelote... Pourquoi ? Pour élargir la clientèle aux gens qui n'ont pas de thune ? Plutôt que nous donner l'envie de rêver, d'espérer, d'économiser, pour se payer une vraie belle machine... Bref.

Nouvelle bonne surprise, la Sage Bambino « accroche » très bien au plan de travail. Contrairement à la Delonghi qui n’était pas du tout stable, et vraiment légère, davantage que ma vieille EC152B.

Jolie, simple, lourde, stable, la bambino tient peu de place sur le plan de travail.

Les pièces fournies : Un porte filtre en aluminium, 4 filtres dont deux pressurisés, deux simples, 1 tasse et 2 tasses pour les deux sortes, un tamper plastique, un récipient inox pour le lait.

Le porte-filtre est plutôt léger, de qualité vraiment moyenne, en aluminium avec le fond en plastique. Bref, je choisis le filtre pressurisé une tasse, qui ressemble le plus à celui que j’utilisais pour la Delonghi… Et… j’essaie d’enclencher le porte-filtre sous le groupe…

Problème. Je ne parviens pas à le faire pivoter de ce quart de tour nécessaire pour le verrouiller. La machine offre peu de prise. la fait d'être gauchère n'arrange sans doute pas les choses. Au bout d’un gros moment de contorsions, je parviens enfin à fixer le porte-filtre. Je préfère passer sur le détail, la grosse ombre au tableau. Et j'avance. Nettoyage obligé de la machine pour débarrasser le circuit de tous les résidus de fabrication. Le mode d'emploi est succinct, sous forme de vidéo, en anglais. Récupéré sur internet à l’aide d’un QRcode. On n’arrête pas le progrès.

Puis j'essuie, je brique, je fais briller ma jolie machine. Car elle est jolie. Elle me plait. Il est trop tard pour faire tourner un K’ahwa… Et puis j’ai besoin d’être seule, tranquille, au calme, pour faire connaissance avec la Sage Bambino.

JEUDI 11 JUIN

J'attends ce moment depuis le lever. Je voulais avoir terminé toutes les taches ordinaires, et me retrouver tranquillement face à face avec la nouvelle machine. Mon fils m'a fait un beau cadeau, vraiment. Je soupire d'aise. Je me sens bien, mais un peu fébrile quand même. Allez, on y va...

J’ai souvent lu sur les forums « la Sage Bambino classique est la machine idéale pour les débutants. C’est une machine d’apprentissage. » Il ne suffit donc pas de mettre du café moulu dans le filtre et hop, roulez jeunesse. On enquille la tasse brulante, on détruit nos papilles, et on ne ressent rien.

Début de la grande aventure, le chemin de barista, en partant de rien.

Si, le café en grain ! Mon premier pas...

J’ai acheté ma Delonghi dans les années 2010, et j’alternais avec la Bialetti en forme de tasse. En changeant de machine, il me semblait que le café était moins dégueulasse, et me ferait moins mal au ventre. Puis j’ai acheté du café en grain après avoir appris que le café moulu, c’est les résidus de tout ce qui ne peut être vendu, trop moche et sale visuellement. Le marché du café est d'abord une histoire de business.

J’ai donc remis en état le vieux moulin à café Peugeot, souvenir de mon arrière-grand-mère qui moulait le café, assise à côté de la cuisinière à bois, le moulin coincé entre ses cuisses, avec un air absent, presque méditatif, typique du geste répété. Depuis qu'elle avait perdu son mari, elle habitait chez sa fille, ma grand-mère, et moudre le café lui incombait. C'était sérieux. J'aimais la regarder, de loin, pour qu'elle ne me fasse pas un croche-pied. En même temps, la bonne odeur du café moulu envahissait la pièce. Petite fille, j'aimais ce parfum de grain de café brisé pour la meule du vieux Peugeot.

De nombreuses années plus tard, j'ai donc extrait le vieux Peugeot de son rôle d'objet décoratif pour le mettre à l'épreuve des nouveaux grains de café. Il m’a fallu un peu de temps pour trouver le bon réglage, mais je suis parvenue à un résultat plus réjouissant que celui obtenu avec le café moulu du commerce, même bio.

Je dois quand même reconnaitre que même après plus de 10 ans de service, la vieille Delonghi ECA52B assurait comme au premier jour. D'ailleurs Delonghi n'a rien changé, à part la carcasse, plus séduisante, et des noms poétiques, ses machines de moins de 200 euros sont exactement les mêmes que leur ancêtre au nom de robot.

Donc, je me suis dit que ce serait encore mieux avec la Bambino.

Premier essai avec les réglages du Peugeot utilisés pour la Delonghi… Je choisis le filtre pressurisé 1 tasse, le plus simple d’utilisation, c'est-à-dire un filtre à double paroi et avec un seul trou de sortie, pour fabriquer de la fausse créma. Pourquoi fausse ? Je vous expliquerai plus tard.

Bonne surprise ! Le porte-filtre ne m’oppose plus aucune résistance. Donc, une fois qu'il a subi son premier jet d’eau chaude, rassurez-vous, tout va bien.

La veille, mon fils a réglé la machine pour une tasse pleine. Donc j’actionne le bouton une tasse. Et là… c’est la douche chaude ! Le café tombe en quelques secondes, un jus noir, sans créma. Le café est imbuvable, il finit dans l’évier.

La machine et le café viennent de m’administrer ma première leçon. Un espresso, ça se mérite ! On est loin de l'acte de jeter une capsule dans le réceptacle et d'attendre que la tasse soit remplie de jus marron et odorant.

Pour le second essai, je resserre les meules du vieux Peugeot, pour une mouture plus fine.

Comme j’ai trainé sur des forums de geeks de l’espresso, j’ai aussi appris que le poids de café est assez incontournable. Je pèse donc 7 g. de café moulu avec la balance de cuisine. Voilà, tout est prêt. La tasse est sous le porte-filtre, c'est le moment de vérité.

Remarque : la machine émet un son doux, contrairement à la Delonghi qui faisait trembler le plan de travail et les murs, y compris celle qui a été rendue pour odeur de plastique abominable !

J’arrête manuellement la machine quand la tasse est au deux tiers, puisque la machine va continuer de couler. Bon timing. La tasse est pleine. Une fine couche de mousse dorée la recouvre. Visuellement, je trouve le résultat plutôt chouette, et engageant. Le café est chaud, presque brulant.

J’aime bien cette machine Sage bambino Classique. . Nous avons un long chemin à faire nous deux…

je précise que je n'ai aucun lien commercial avec aucune maison, aucune marque...

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